Peau d’âme – (2021)


Jean-François ROTTIER

Pourquoi lire ce livre ?

Je vous livre un extrait tiré du roman de François Mauriac ‘le jeune homme’ paru en 1925. ‘Il sent en lui sa jeunesse comme un mal, ce mal du siècle qui est, au vrai, le mal de tous les siècles depuis qu’il existe des jeunes hommes et qui souffrent. Non, ce n’est pas un âge  » charmant « . Donnons un sens grave, peut être tragique, au vieux proverbe :  » II faut que jeunesse se passe « . Il faut guérir de sa jeunesse ; il faut traverser sans périr ce dangereux passage.’ C’est ce qui m’est venu à l’esprit assez rapidement, une telle référence ne s’oublie pas ! Le titre en lui-même est assez parlant et poétique, révélateur du contenu de ce récit.

Résumé :

Mon avis :

Je tiens tout d’abord à remercier Estelas ÉDITIONS de m’avoir fait gagner un de ses concours hebdomadaires dont ce roman était le prix.
Ce fut pour moi une agréable découverte car, ne nous y trompons pas, si la 4ème de couverture semble résumer toute l’histoire, le livre raconte bien plus que cela, et ce, à plus d’un titre…

Donc Ronan commet un crime alors qu’il est adolescent, sans être inquiété par la police. Il continue sa vie, son cerveau arrangeant les choses de manière à occulter la réalité aidé par sa mère qui a trouvé sa liberté en vivant de ses charmes. Pour autant, tout en le protégeant, elle lui assène et martèle que le viol est un crime dont aucune victime ne sort indemne. Même en allant voir cette femme qu’il aime comme on aime à cet âge, il ne comprend pas vraiment la portée de son acte. La sexualité est naturelle, il le sait puisque maman la vit très bien, il était en colère et c’est tout. Pas de quoi en faire tout un drame non plus…
Il grandit, flirtant de plus en plus avec l’illégalité d’autant plus qu’il a décidé que le sexe serait sa façon de gagner de l’argent, beaucoup d’argent pour vivre libre. Comme il est intelligent, il se débrouille plutôt bien et ne se pose pas trop de question quant aux femmes exerçant le plus vieux métier du monde, il se persuade même qu’il rend service à la société jusqu’au jour où…

Voilà, je vous ai présenté Ronan et son environnement, le reste est dans le roman au style fluide, rapide et parfois très poétique !

Je ne peux cependant m’arrêter là.

En effet, ce récit nous plonge dans un monde de réflexions, de questionnements insidieux, tant il trouve un écho inattendu dans nos sentiments.

Jusqu’où l’amour peut-il nous emmener ? Chaque personnage y est confronté et réagit à sa manière, les relations fusionnelles protectrices sont leur seule façon d’aimer, cela peut être magique, magnifique aussi, mais cela provoque surtout des souffrances d’une intensité sans pareille.

La culpabilité sous-jacente, refoulée, avec laquelle on s’arrange le plus longtemps possible, mais qui nous ronge de l’intérieur. Comment faire autrement quand la réalité est contraire à ce que l’on est, ou pensons être profondément …

La vengeance, si c’est un plat qui se mange froid parait-il, on peut dire ici qu’il est polaire ! Expression ultime de l’impuissance née d’une vie brisée, qu’en attendons-nous ? Entendons-nous seulement la prise de conscience, la demande de pardon qui nous est adressée au moment où nous l’appliquons ? Se faire justice soi-même change t-il quoi que ce soit dans notre vie ? Revient-on en arrière ? Cela efface t-il le passé ?

Le châtiment, la vie en fait, doit-il nous frapper à plusieurs reprises dans notre chair, notre âme ? Où est le pardon ?

Pour finir, l’auteur nous fait découvrir des paysages, des sociétés urbaines en bord d’océan, symbole d’une liberté promise, presque à portée de main, mais aussi de traditions ancestrales tendant à disparaitre avec ses commérages comme sa solidarité …

Et d’ailleurs elle disparait, cette société, et à grande échelle qui plus est !

Nous projetant dans l’avenir, nous voyons les résultats des ravages environnementaux que nous continuons aujourd’hui de commettre sans vergogne, et c’est aussi plausible qu’effrayant, décrit avec une clarté accessible à tout le monde.

À la lecture de ce livre, vous trouverez sûrement d’autres éléments de réflexion que les miens, pour le savoir il vous suffit de prendre le temps de le déguster…

À très bientôt donc et bonne lecture à vous

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