Tolbiac Juillet (2016-2020)


Cédric Blondelot / Illustration de Yolenn Farges

Pourquoi lire ces livres ?

Pour compléter l’avis d’Amélie Nothomb j’ajouterai seulement que les aventures sont non seulement extra -ordinaires mais aussi souvent assez rocambolesques, rendant le thème grave de la recherche de sa mère biologique aussi léger que la plume d’un grand écrivain…

Résumé :

Tolbiac Juillet est un trentenaire, magicien de son état, qui doit son patronyme au lieu et au mois de sa découverte : rue Tolbiac à Paris au mois de juillet ! Ayant eu une enfance heureuse, entouré de magie et de merveilleux, Tolbiac ne veut pas se soucier de ses origines jusqu’au jour où son inconscient lui joue un mauvais tour en le faisant rompre avec la femme dont il est follement épris qui partage sa vie depuis deux ans. Dégringolade en enfer qui l’entraîne dans une quête haletante où l’illusion le dispute à la réalité, remettant en question ses certitudes les plus affirmées. De rencontres improbables en expériences spirituelles, Tolbiac Juillet réussira t-il dans son entreprise ?

Mon avis :

Autant vous le dire tout de suite, nous avons là une pépite !

J’ai connu l’auteur via un groupe de lecteurs/écrivains sur les réseaux sociaux et j’en suis ravie. Déjà le titre qui pique la curiosité et donne le ton : quand le manque d’imagination devient une trouvaille géniale il est normal qu’avec un tel patronyme le personnage principal soit très spécial …
Pour un premier roman, ce coup d’essai est un coup de maître !

Tout d’abord le prologue de chaque tome laisse quelque peu dubitatif : qu’est-ce que cela vient faire là-dedans ? Par exemple pour le premier la célèbre phrase de Lavoisier m’est venue à l’esprit : rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme… Car quand une vache Texane répondant au doux nom de Mirabelle et devenue une veste en cuir, continue de penser, cela donne à réfléchir ainsi qu’une idée du drôle d’univers dans lequel nous entrons sur la pointe des pieds.

L’auteur s’amuse donc à nous régaler d’amuse-bouches sans nous permettre de deviner la suite du menu.
Malin n’est-ce pas ?

Le style de Cédric Blondelot est alerte et vif, un vocabulaire soutenu côtoie le langage familier sans aucune difficulté alors même que le dictionnaire est parfois utile ; les néologismes sont bien trouvés dont certains carrément hilarants.

Déjanté et jouissif, d’une ironie mordante ou douce-amère sur notre société et ses travers façon poil à gratter, le sentiment dominant reste cependant la bienveillance.

Ainsi donc Tolbiac balade son désespoir en déambulations erratiques frôlant quelquefois l’illégalité quand il est victime d’un accident, début d’une série d’aventures trépidantes dans sa quête initiatique, un brin picaresques.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit au fond, comment savoir qui l’on est quand l’on ignore d’où l’on vient ou, plus exactement, d’où l’on est issu ? Le chêne est d’autant plus solide que ses racines sont profondes…

Un voyage dans sa mappemonde intérieure matérialisé par un périple autour du monde réel, parce qu’il faut vous dire qu’il en avale des kilomètres !

Apprendre des autres c’est aussi apprendre sur soi. Pour autant, dans ces circonstances, le célèbre ‘Connais-toi toi même’ si cher à Socrate c’est angoissant, bouleversant, avec la peur qu’au lieu de se trouver l’on finisse par se perdre dans le gouffre sans fin de la folie, surtout quand la quête se mue en enquête où chaque réponse envoie vers de nouvelles recherches dont on ne voit pas le bout.

Je vous laisse la joie de découvrir les rebondissements divers jalonnant ce récit…

Je vous dis seulement que nous passons par tous les sentiments possibles quand cette mère recherchée prend corps, tantôt idéalisée tantôt détestée et dont la reconnaissance devient un besoin viscéral autant que vital.

Chaque personnage est une entité à part entière, riche et fouillée.

Aucun pathos déplacé dans ce roman, il y a l’élégance des grands auteurs, la politesse de ceux qui souffrent et la compréhension de la complexité des âmes.

Le ton est léger comme un tour de magie, l’illusion épousant si bien la réalité, où est-ce l’inverse ?

Nul doute que Tolbiac Juillet sera pour vous comme un ami très cher, à tel point que Cédric Blondelot m’a indiqué qu’il travaillait sur un quatrième et dernier tome des aventures de ce héros si attachant suite aux nombreuses demandes des lecteurs.

Alors, en attendant, faites-vous plaisir en vous plongeant dans son univers rafraîchissant empli de nombreux clins d’œil de toute sorte démontrant une grande culture générale en toute simplicité …

Pour en savoir plus : https://cblondelot.wixsite.com/auteur

Bon appétit !

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s