Le silence de Clara (2004)


VOYAGE DANS UN MONDE INTERIEUR

Patrick CAUVIN

Pourquoi ce livre ?

En résumé :

Ferdinand Bond élève seul Clara, sa fille autiste. Il se débrouille tant bien que mal en jonglant entre son métier de producteur de cinéma et les besoins de la fillette. Un jour, en feuilletant le cahier de sa fille, il découvre trois phrases manuscrites décrivant un voyage en Alaska survenu en … 2102 ! L’équipe médicale de l’établissement d’accueil de jour qui s’occupe de Clara lui confirme que c’est bien elle qui écrit, dans son cahier comme dans celui d’autres enfants. Face à l’incompréhension de ce phénomène par les médecins et avec pour seuls indices les quelques notes récoltées ainsi qu’un mot inaudible prononcé lors d’une séance d’hypnose et décrypté par une orthophoniste lisant sur les lèvres, Ferdinand – 007 – Bond décide de tout faire pour trouver les réponses qui pourraient sauver Clara.

A lire d’urgence !

Mon avis :

Allier l’autisme avec le surnaturel, voilà qui n’est pas banal.
Reléguer son métier au rang d’obligation alors qu’il s’agit du cinéma non plus.

Cela tombe bien car c’est un livre peu banal !

On notera l’acidité délicieuse des propos sur le monde du 7ème art pourtant systématiquement suivis de remarques d’une bienveillance inattendue.

Mais ce milieu comme le surnaturel sert de toile de fond à cette oeuvre dont le coeur est l’amour et l’autisme.

Cette maladie est abordée avec douceur et simplicité sans aucun pathos, sans aucun fard. C’est comme ça, on accepte l’enfant comme elle est, au gré de ses humeurs. Pour un peu, ce serait presque facile.
Presque, car le narrateur, Ferdinand, aime l’automne, la pluie, bref tout ce qui rend mélancolique.

C’est plutôt l’amour qui souffre !

L’amour maternel : Lorna, la mère de Clara est partie, à bout de force, désespérée d’aimer dans le vide, terrorisée à l’idée de ne pas savoir aimer son enfant. La culpabilité s’est insinuée, l’infanticide peut parfois se comprendre, elle a fui pour sa propre survie.

L’amour paternel : il parait plus récent, Ferdinand avoue sa lâcheté d’avoir laissé sa femme gérer seule ce quotidien éprouvant prétextant son travail envahissant. Lui a fui avant. Paradoxalement Clara s’est toujours calmée plus facilement dans les bras de son père.

L’amour familial : difficile parfois de s’y retrouver dans les histoires de famille, les non-dits entrainent la distorsion de liens impossibles à retisser quand les plus anciens sont morts. Une partie de notre passé disparait avec eux, nous restons incomplets à nous-mêmes.

L’amour du couple : Ferdinand croit avoir dépassé et le stade de l’amour et celui de la haine. Il comprend, il pardonne mais passe son temps à ressasser le passé, quand ils étaient ensembles avant la naissance de Clara. Resurgit alors toute la palettes de ses émotions, au grand dam de son meilleur ami qui cherche à le caser à la moindre occasion. Des aventures sans saveur, donc sans lendemain.

Le retour impromptu mais à point nommé de Lorna remet tout en perspective.

Pour autant, je ne vous en dirai pas plus sur leur (en)quête ni sur le dénouement.

Ce que je comprends de ce roman c’est que l’amour peut survivre à tout, parler avec l’autre sans tabou de ce que l’on ressent permet de tenir dans la durée, être à l’écoute de la souffrance de l’autre et assumer son rôle rend les choses plus supportables, plus faciles à vivre quand on est deux.
C’est un ciment fait du matériau le plus solide, celui qui nous permet de supporter tous les coups du sort.

Je reste encore bouleversée par cette superbe histoire…

Mais pour moi le plus dur reste qu’une mère doit simplement accepter l’impensable : savoir que la chair de sa chair n’aura jamais ces geste d’affection tels qu’on les conçoit et dont nous avons cruellement besoin.

Et s’ils existaient quand même sans qu’on les perçoive ?

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