La vallée des mensonges de Catherine VELLE


Genre : Roman

UNE QUETE DE SES ORIGINES DANS UN MONDE CLOS

Pourquoi ce livre ?

En résumé :

Laura revient s’installer dans la vallée de sa jeunesse, un bourg niché au coeur du massif central. Elle pense tout savoir de ses origines quelque peu particulières : père inconnu et mère volage… Cela fait beaucoup dans un village que sa situation géographique et son climat rigoureux rendent difficile d’accès. Elle a promis à celle qui l’a élevée, la seconde femme de son grand père, de transformer la demeure familiale en maison d’hôtes. Mais des rumeurs courent, des morts suspectes se succèdent laissant Laura seule et désemparée, et si tout ceci était la suite logique des conditions de sa naissance ?

Mon avis :

Je ne connaissais pas Catherine VELLE, c’est une découverte, une bonne surprise !
Une écriture fluide qui nous immerge immédiatement dans l’histoire.
L’auteure s’amuse avec une facilité déconcertante à donner à ses personnages des caractéristiques qu’elle dépeint très précisément dans la description géographique ou climatique de l’endroit. Mais qu’on ne s’y trompe pas : terrain miné !
En effet, comme dans la vraie vie, les apparences sont trompeuses parfois et Laura ne cesse de s’interroger. Nous autres lecteurs sommes très vite dans la confidence, nous savons que le retour de Laura inquiète,
mais qui ? C’est secret !

Là encore plusieurs thématiques se télescopent en un imbroglio difficile à démêler…

La quête de des origines en est le fil conducteur, Laura croit savoir qui elle est et d’où elle vient. Père inconnu et abandonnée par sa mère pour un autre homme, elle est recueillie et élevée par son grand-père qui fait du mieux qu’il peut jusqu’à l’arrivée de Crystal, une américaine, qu’il épouse pour leur bonheur à tous. Petite enfance heureuse puis le bouleversement, l’installation définitive à Paris : décision sans appel du grand-père. Mais sa vie n’en demeure pas moins instable, rupture amoureuse, intérim, rien ne l’ancre quelque part. Son grand-père meurt, elle n’est pas là. La soeur de Crystal, Cassandra, qui était comme une grande soeur pour elle, meurt et elle n’est pas là non plus…Elle a promis à Crystal qui s’en retourne au pays avec son futur mari de faire aboutir ce projet de maison d’hôtes, donc de reprendre la maison. Elle ignore les raisons profondes de sa décision et elle appréhende autant qu’elle accepte cette nouvelle vie, ce nouveau départ dans ce présent empli de son passé…

Les secrets : dès son arrivée, une vieille dame veut lui parler de ses parents et de sa famille. Pas de chance, elle décède avant ! Un homme tout aussi âgé va pour lui parler, il change d’avis et se tait…
Même celles et ceux qui lui manifestent de la sympathie lui cachent des bouts de vérité, chacun a ses raisons, et Laura en est le centre.
Nous la savons en danger, elle est dans l’incompréhension, elle subit les évènements, elle se bat et se démène avec cette demeure qui grince, ces volets qui frappent, cette robinetterie qui fuit et cette météo tellement changeante qu’il peut neiger doucement dans la nuit et faire place à une chaleur quasi estivale deux jours plus tard avec, entre temps, des orages aussi violents que passagers. La nature aussi a des secrets, qui se mêlent parfois à ceux des hommes…
Malgré tout elle reste debout, ses vingt-quatre ans lui permettent de se remettre rapidement de ses émotions, une vigueur propre à la jeunesse que tous ses souvenirs heureux raffermissent…

La nature : elle est omniprésente, pratiquement à chaque page, c’est un personnage à part entière et dont le rôle est primordial : à ceux qui l’aiment et la respectent elle offre une connaissance de soi, une conscience de sa richesse innée, un sentiment aigu d’appartenir à la vie dans toute sa complexité.
Elle apparait ainsi tantôt calme, rassurante, tantôt tempétueuse, dangereuse et menaçante.
C’est aussi le réceptacle de sa temporalité, immuable au regard humain, le présent et le passé n’existent que pour Laura, tel rocher lui rappelle un instant de sa vie, le rocher est toujours là mais son temps à elle s’est déroulé, se déroule et se déroulera alors que la pierre restera la même.
Cette nature est multiple, des rivières, des grottes, des montagnes, des vallées, des chemins les reliant en serpentant.
Ce livre est aussi une oeuvre visuelle et sensorielle…

L’amour : aussi présent que sa jumelle la haine, cuite et recuite depuis des décennies que les silences ont gardée aussi intacte qu’au premier jour. Laura en est évidemment le révélateur bien malgré elle et ravive en même temps la peur de la vérité. Elle est d’ici mais elle est aussi étrangère que cette jeune femme fière, ni amène ni loquace, originaire du Maghreb qu’elle embauche pour quelques heures de ménage. Par un simple geste d’humanité Laura s’en fait une amie pour la vie, une soeur qui va veiller sur elle. Un jeune garçon sourd, ils deviennent frère et soeur de coeur. Ce sont eux qui la soutiennent : chacun d’eux est étranger d’une manière ou d’une autre au passé qui empoisonne le village depuis qu’elle est arrivée.

Deux hommes aussi, plus différents l’un de l’autre que le feu et la glace, c’est dire ! Je vous laisse le plaisir de la découverte.

Voici l’ambiance de ce livre, que j’ai aimé plus que je ne l’aurai cru au départ…

Mais rien que de très naturel au fond : bon sang ne saurait mentir…

1 réflexion sur « La vallée des mensonges de Catherine VELLE »

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