Au pays des vivants


Auteur : Nicci FRENCH


Genre : Thriller Psychologique

Pourquoi lire ce livre ?

En résumé : 

Une femme reprend conscience dans le noir, elle s’aperçoit qu’elle est ligotée, cagoulée sans aucun souvenir récent. Elle a été kidnappée. Après son évasion, presque seule contre tous, elle retrouve son agresseur

Intrigue diabolique, écriture rythmée, rapide voire essoufflée, un style incisif qui tient en haleine, on veut tout lire d’une traite ! 

Prévenez vos proches : ne pas déranger – je suis très occupé(e) !

Mon avis :

Je ne connaissais pas Nicci FRENCH

Autant le dire tout de suite : j’ai adoré !

D’abord l’écriture à la première personne nous happe immédiatement, on est à sa place, on ressent toutes ses émotions et elles sont nombreuses ! 
Ici, on ne se pose pas la question du ‘je est tout autre’ d’Arthur Rimbaud quand il parle de l’écrivain dans une de ses lettres à un ami . Il ne nous vient pas à l’idée de savoir si la narratrice ressemble peu ou prou à l’auteur et vice versa. Quand bien même le voudrait-on, on n’en a pas le temps !

Ensuite les thèmes qui tournent autour de l’enfermement et du mouvement, des mécanismes de survie entre instinct et réflexion, conscient et inconscient, de la normalité et des normalités, du besoin de croire et d’être crue, entre confiance et méfiance, paranoïa et folie, compréhension et interrogations, du contrôle et de son contraire, pour in fine renaître à la Vie. 

Cela fait beaucoup et pourtant tout y est. Ce livre est un tourbillon, que dis-je un maelström d’émotions écrites avec des mots simples, certes, mais terriblement efficaces !

Je me suis retrouvée dans un puzzle mouvant angoissant sans aucun indice livré par l’écrivain. Il faut savoir et accepter de lire en aveugle (joli jeu de mots, n’est-il pas ?!), on se laisse prendre par la main, on se laisse guider : pas le choix puisqu’on est ‘je’.

Je’ ai donc été terrifiée, rassurée, confiante puis méfiante, crue – un peu -, aidée – un peu -, tenace, décidée et, surtout, toujours en mouvement qu’il soit physique ou psychologique…


Bref ‘je’ est épuisée mais continue : question de survie autant du corps que de l’esprit.

Impossible d’arrêter de lire tant que, comme l’héroïne, je n’avais pas de réponses à ses/mes questions.

Fort heureusement pour ma santé mentale, l’immersion n’a tout de même pas été totale et a permis à la lectrice que je suis de s’agacer de la réaction des institutions (hôpital, police) ainsi que celle des relations/amis, alors que la narratrice s’en accommode et comprend…

Pour autant, on ne m’enlèvera pas de l’idée que, quel que soit notre métier, nous avons tendance parfois à classer un peu trop vite les gens dans des catégories. Et quand on a beaucoup d’expérience on a souvent raison mais quand on a tort, les conséquences peuvent devenir tragiques.
C’est le cas dans ce livre, Kafka aurait-il aimé ?

Puis mes propres questions qui émergent, refluent pour revenir en force au fur et à mesure :
aurais-je sa force et sa détermination dans une telle situation, improbable dans la vraie vie ?
Tous les survivants s’accordent à dire que nous avons en nous des ressources insoupçonnées, or qui dit survivants dit aussi morts, et si je faisais partie des ‘non survivants’ ?
Brrr, ça défrise d’un coup, donne une image de soi que nous n’aimons pas vraiment…

Ajoutons à cela la douleur, aïe, moi pas aimer avoir bobo !

Alors des contusions à la pelle, n’en parlons pas !
Sénèque a beau dire que la douleur dépend de l’idée qu’on s’en fait il y a des souffrances auxquelles on résiste moins bien que d’autres. (En fait, il dit que l’idée de la douleur nous fait plus peur que la douleur elle-même).
Par expérience je partage son avis mais jusqu’à un certain point seulement !
Et la terreur, comment réagirais-je ?
A part faire sous moi (beurk),
de plus, aurais-je seulement un semblant de réaction ?
Sans compter mon inconscient, quels tours me jouerait-il celui-ci ? 
Serais-je capable de dépasser le stade du

Pourquoi ? Pourquoi moi ?’

Sûre que je deviendrais folle

Vraiment ?

Voici donc juste un aperçu des noeuds au cerveau que l’on peut se faire pendant et après la lecture de cette histoire.

Et c’est exactement ce qui me plait : bien des jours après l’avoir lue, l’intrigue ne me quitte pas vraiment, je reste imprégnée de son atmosphère tout en vaquant à mes occupations…


Le seul détail, de taille, qui me chiffonne concerne non pas l’oeuvre mais la légende de la page de couverture de l’éditeur, en l’occurrence France Loisirs. 

En effet, pour moi il n’est nulle question de vengeance, seulement de l’idée de vengeance, plus qu’une nuance, c’est un abîme ! Je ne vous dévoilerai pourtant pas le pourquoi du comment. 

Je vous dirai cependant ceci : c’est une quête de soi, d’une partie de sa vie, d’un moment, d’un temps volé que l’on ne retrouvera jamais, réalité que l’on doit accepter pour renaître à soi-même. Un petit appel ésotérique ? Peut-être, chacun y trouvera ses références.


Un dernier point : j’ai fait le choix de refuser l’écriture inclusive, je n’en supporte même pas l’idée pour tout dire ! Sans vouloir offenser qui que ce soit, que l’on parle  d’auteurs, d’écrivains ou tout autre mot auparavant sans féminin, je ne connais personne ayant pris au pied de la lettre (il est joli aussi celui-là !) ces mots-là : qui nierait le talent et l’existence même de Mme de Sévigné ? De Mme de Staël ? De Simone de Beauvoir
J’estime, pour ma part, que l’on gagnerait bien plus en enseignant le fond plutôt que la forme. Je suis avant tout un être vivant, de l’espèce humaine, que je sois femme est un pur hasard et ne me détermine pas dans ce que je suis.
De la même façon je n’ai pas d’a priori sur quelqu’un (bon, ou quelqu’une pour vous faire plaisir !), j’attends de connaître avant de me faire une idée…

Je souhaite profondément que mon choix soit compris aussi pour ce qu’il est : une facilité d’écriture, évidemment, mais surtout de lecture.

Merci de m’indiquer si je vous ai donné envie de lire ce livre ou, si vous l’avez déjà lu, de partager vos impressions.


Je pourrais avoir loupé des choses importantes et j’aime apprendre comme communiquer, alors, de grâce, pas de gêne entre nous : de la bienveillance et tout vous sera pardonné !


Votre avis m’intéresse, en attendant : bonnes lectures à vous et à bientôt

1 réflexion sur « Au pays des vivants »

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